La mise en oeuvre de la maçonnerie de pierres

Maçonnerie de pierre hourdées

Le choix des matériaux dans la mise en oeuvre d'une maçonnerie en pierres n'est pas à laisser au hasard. L'aspect des pierres, leur capacité d'absorption de l'eau, leur résistance mécanique, leur résistance au gel sont des éléments importants quant à la conception de l'ouvrage. 

 

Plusieurs étapes sont indispensables pour la réalisation d'un ouvrages en pierres hourdées : 

 

  • Il faut connaître le choix de l'appareil avant de débuter le projet. Et cette décision repose sur le type de pierres qui vont être utilisées pour l'ouvrage . Ce choix se fait selon l'effet et le rendu attendu mais aussi sur la finalité souhaitée pour cette construction. Ensuite, selon les mêmes critères et les besoins particuliers d'étanchéité de la pierre, il faudra définir le type de joint qui sera utilisé pour sceller les pierres entre elles. 

 

  • Il faut ensuite déterminer le mortier de hourdage. La plupart du temps il est réalisé en mélangeant du ciment, du sable et de l'eau, mais peut avoir une autre composition selon la pierre choisie et sa résistance à la compression. 

 

  • Après avoir choisi la pierre et le hourdage, vient l'étape du calpinage. C'est en fait un croquis, un plan détaillé reproduisant l'assemblage qui va être fait avec ces différents éléments. 

 

  • Une fois le schéma construit, il est temps de le reproduire et de réaliser l'assemblage des éléments. Attention, il est important de préparer le sol et le terrain en délimitant les dimensions du futur mur, et réaliser les fondations nécessaires. 

 


Maçonnerie de pierres sèches

 

Ce type de construction en maçonnerie consiste à empiler et superposer les pierres dans le sens de leur stratification géologique naturelle, en les jointant pour assurer l’étanchéité et la stabilisation de l’ensemble de l’ouvrage. Des pierres, des dalles, des moellons des blocs…naturels ou légèrement travaillés sont utilisés pour l’élévation du mur, en utilisant aucun liant particulier. C’est en fait la répartition de leur poids qui lie les pierres entre elles. Elles sont solidarisées dans le mur par le poids et la pression qu’elles exercent les unes sur les autres. Ces murs sont très solides et résistants et peuvent parfois durer des centaines d’années, mais sont souvent réservés à des constructions extérieures, des clôtures, des murs de soutènement, de démarcation et délimitation, et parfois aux murs d’habitations rurales ou aux bâtiments annexes.  Pour assurer cette stabilité, des techniques bien précises sont utilisées.

 

La réalisation d’un mur en pierres sèches nécessite plusieurs étapes importantes :

  • Dans un premier temps, il faut trier les pierres qui vont être utilisées pour la construction. Elles sont sélectionnées en fonction de leur état, de leur forme et de leur épaisseur. Le matériau de ce type de maçonnerie provient la plupart du temps de ressources disponibles localement issu d’un dérochement, d’un terrassement ou d’un chantier par exemple. Selon la région où la mûr est construit, des pierres comme le calcaire, le granit, ou encore le schiste peuvent être trouvées.
  • Comme tout travail de maçonnerie ou de construction d’ouvrage, il est primordial de préparer le terrain qui doit être plat, propre et bien tassé, et réaliser des fondations au sol. Après avoir délimité l’emplacement du mur, un travail de terrassement et de décaissement doit être fait pour renforcer la stabilisation du futur mur, et remplir ensuite les tranchées de petits cailloux qui constitueront une solide base. De longues dalles planes, appelées libes, peuvent être utilisées dans les fondations du mur pour aider à la stabilisation et au maintien de la verticalité du mur.
  • Après ces étapes préliminaires, la construction du mur à proprement parler peut enfin débuter. Il est crucial de bien réaliser la première rangée de pierres. Ce sont elles qui vont supporter le poids du mur. Elles doivent idéalement être grandes, plates et épaisses afin de supporter au mieux la pression des autres pierres du mur, et doivent être obligatoirement alignées.
  • Après cette première rangée, il s’agit ensuite d’un travail minutieux de superposition où chaque pierre de la rangée supérieure prendra appui sur deux pierres de la rangée du dessous pour assurer l’équilibre des assises. La stabilité est également dû à la participation de longues et solides pierres traversantes, appelées boutisses, posées à certains niveaux du mur, qui comme leur nom l’indique traversent la largeur du mur, et de petits cailloux disposés au cœur du mur. Si les pierres traversantes ne sont pas utilisées dans l’ouvrage, ce sont des pierres en tenaille qui assureront sa stabilité, disposées volontairement en quinconce. Il est important dans la construction de cet édifice de créer des assises de même épaisseur et de bien caler les pierres de façon à ce que leurs formes s’épousent au mieux. Cela évitera la formation d’espaces entre les pierres, appelés joints : le contact et la friction des pierres entres elles maintiennent le mur.
  • Une fois toutes les pierres posées, il peut être nécessaire d’ajuster la position des pierres par endroits de façon à assurer la résistance globale du mur. Des vides peuvent être combler par de petites pierres par exemple.
  • Finalement, l’étape du couronnement peut être une manière de clôturer la construction du mur. Des libes peuvent être à nouveau disposés horizontalement en haut du mur et fixés avec du mortier pour protéger la structure.

 

Ce couronnement remplit plusieurs fonctions :

  • Il achève le mur en bloquant les pierres au sommet de l’édifice,
  • Il protège le mur,
  • Il participe à la stabilité de l’ouvrage puisqu’il exerce une pression sur toutes les autres pierres et jusqu’aux fondations,
  • Il peut participer à l’esthétique du mur.